Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement réagi aux négociations prévues entre la Russie et les États-Unis à Riyad lors d’une conférence de presse après sa rencontre avec le leader turc Recep Tayyip Erdoğan. Il a dénoncé le fait que l’Ukraine soit une fois de plus exclue des discussions sur son propre avenir, une situation inacceptable pour un pays qui, depuis le premier jour de l’invasion à grande échelle de la Russie, fait preuve de résilience et de détermination dans sa lutte pour l’indépendance.
Pourquoi l’Ukraine est-elle exclue des négociations ?
Zelensky a souligné que ces discussions entre les États-Unis et la Russie en Arabie saoudite ont été une « surprise » pour Kiev. « C’est curieux : si nous avons refusé l’ultimatum russe au moment le plus critique, pourquoi quelqu’un penserait-il que nous céderions maintenant ? » a-t-il interrogé. Il a rappelé qu’aucun pays n’a soutenu l’Ukraine au début de l’invasion russe en 2022. L’aide internationale n’a commencé à arriver que lorsque le monde a compris que l’Ukraine était capable de résister à l’agresseur.
Selon Bloomberg, ni les États-Unis ni la Russie ne souhaitaient la présence de Zelensky à ces discussions en Arabie saoudite. Des sources indiquent que le prince héritier saoudien prévoit d’informer le dirigeant ukrainien des résultats de ses rencontres avec les représentants de Washington et de Moscou. Cependant, Zelensky a déjà annulé sa visite à Riyad, la reportant au 10 mars.
Les États-Unis et l’Europe soutiennent-ils l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ?
Le président ukrainien a également exprimé ses inquiétudes quant à la position des États-Unis et de certains pays européens sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. « Nous croyons que l’Ukraine deviendra membre de l’OTAN. Mais nous n’entendons pas la même certitude de la part des États-Unis et de quelques autres pays. C’est pourquoi nous avons besoin d’autres garanties de sécurité : une armée forte et des forces de maintien de la paix étrangères », a-t-il déclaré.
Cette déclaration intervient alors que les États-Unis ont nommé l’envoyé spécial Keith Kellogg pour négocier avec Kiev et ses partenaires européens une résolution pacifique du conflit. Pour les pourparlers avec la Russie, Washington désignera un autre représentant, ce qui souligne la complexité de trouver un compromis avec l’agresseur.
L’Europe prépare un nouveau plan d’aide militaire pour l’Ukraine
Parallèlement, l’Union européenne élabore un vaste programme d’aide militaire pour l’Ukraine d’un montant d’au moins 6 milliards d’euros. Selon Politico, ce paquet comprendra 1,5 million d’obus d’artillerie, des systèmes de défense aérienne et d’autres équipements militaires. Il s’agira de l’un des plus importants plans d’aide depuis le début de l’invasion russe en 2022.
Le président français Emmanuel Macron a également convoqué, pour la deuxième fois en trois jours, un sommet des dirigeants européens afin de discuter de la situation en Ukraine et de la sécurité du continent. Des représentants de la Norvège, du Canada, des pays baltes, de la République tchèque, de la Grèce, de la Finlande, de la Roumanie, de la Suède et de la Belgique ont été invités.
L’agression russe et la quête de la paix
Depuis le début de son invasion en 2022, la Russie utilise les négociations comme un outil de pression. Les propositions du Kremlin ressemblent souvent à des ultimatums contraires aux intérêts de l’Ukraine et au droit international. Dans ce contexte, l’exclusion de Kiev des pourparlers entre les États-Unis et la Russie suscite de vives inquiétudes.
Zelensky a réaffirmé que l’Ukraine ne ferait aucune concession à l’agresseur. « Nous ne céderons pas, nous nous battrons pour notre liberté et notre indépendance », a-t-il martelé. Cette position est largement soutenue par la population ukrainienne ainsi que par la communauté internationale, de plus en plus consciente de la nécessité de contrer l’agression russe.
Conclusion
La situation autour des négociations entre les États-Unis et la Russie illustre la difficulté de parvenir à une paix durable tant que Moscou poursuit son agression. L’Ukraine, symbole de la lutte pour la liberté et la démocratie, continue de défendre ses intérêts sur la scène internationale. Le soutien de l’Union européenne et de ses partenaires est essentiel pour garantir une paix juste, mais aucun accord ne pourra être efficace sans la participation directe de l’Ukraine.
Face à l’agression, l’Ukraine reste inébranlable, et le monde doit se rappeler qu’aucune décision concernant son avenir ne peut être prise sans elle.