Les banques d’État chinoises ont considérablement réduit leurs transactions financières avec la Russie, entraînant des retards de paiements s’élevant à plusieurs milliards de yuans. Cette situation a eu un impact significatif sur les entreprises russes et l’économie en général, contraignant le pays à chercher des méthodes alternatives pour réaliser des transactions financières. Les mesures strictes des institutions financières chinoises ont été mises en place suite aux menaces des pays occidentaux d’imposer des sanctions supplémentaires pour les relations avec la Russie.
Retards de transactions : un nouveau défi pour les entreprises russes
Les entreprises et les responsables russes rencontrent des retards dans leurs transactions avec la Chine depuis plusieurs mois. Ces retards sont apparus après que les banques chinoises ont durci leurs exigences en raison de la menace de nouvelles sanctions des États-Unis et de l’UE. Selon Reuters, la situation est devenue critique en septembre, lorsque presque tous les paiements transfrontaliers vers la Chine ont été arrêtés.
« Au moment où l’Occident a menacé de renforcer les sanctions, tous les paiements transfrontaliers vers la Chine ont été stoppés. Nous avons trouvé une solution, mais cela a pris environ trois semaines, ce qui est une longue période. Pendant ce temps, les volumes commerciaux ont chuté de manière significative », a déclaré une source anonyme à Reuters.
L’or comme solution : comment les Russes contournent les sanctions
En raison de l’augmentation des sanctions, les entreprises russes ont eu recours à des méthodes non conventionnelles pour effectuer des paiements en Chine. En particulier, elles utilisent l’or comme moyen de paiement. Après la menace du Département du Trésor américain en juin d’imposer des sanctions supplémentaires aux banques chinoises et à d’autres pays pour avoir des relations avec la Russie, les institutions financières chinoises sont devenues extrêmement prudentes.
Une solution de contournement a consisté à acheter de l’or, à le transporter à Hong Kong, à le vendre là-bas, puis à déposer les fonds dans un compte bancaire local. Bien que cette méthode fonctionne, elle est extrêmement complexe et inefficace à long terme.
Banques chinoises sans activité internationale : une solution temporaire
Après la visite récente du président Vladimir Poutine en Chine, certaines banques locales chinoises, n’ayant pas d’activités internationales, ont commencé à traiter les paiements bilatéraux avec la Russie. Ces institutions ne sont pas soumises aux sanctions, ce qui les rend attrayantes pour les entreprises russes. Cependant, en raison de systèmes informatiques obsolètes, le processus de paiement reste extrêmement lourd, nécessitant des courriers pour transporter physiquement les documents à travers la frontière russo-chinoise afin d’obtenir des tampons et des signatures physiques des banquiers chinois.
Conclusion : l’avenir des relations financières russo-chinoises
Les relations financières russo-chinoises sont gravement affectées par les sanctions occidentales. Comme le souligne Kirill Babaev, directeur de l’Institut russe de Chine et d’Asie contemporaine à l’Académie des sciences de Russie, la Russie ne peut pas s’attendre à un afflux dynamique d’investissements en provenance de Chine tant que les problèmes de paiement ne seront pas résolus au niveau de l’État.
Ces défis contraignent la Russie à rechercher de nouvelles voies de coopération et à s’adapter aux conditions changeantes. Toutefois, la possibilité pour la Russie et la Chine de construire un partenariat financier efficace en période de sanctions reste une question ouverte.