La Turquie a demandé aux États-Unis de la retirer de la liste des sanctions imposées à Gazprombank. Selon Hürriyet, cette question a été abordée lors des négociations entre des responsables turcs et une délégation américaine dirigée par le secrétaire d’État Antony Blinken à Ankara.
La Turquie a officiellement déposé une demande pour la levée de ces sanctions. La partie américaine a confirmé avoir reçu la demande et indiqué qu’elle est en cours d’examen.
Le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles avait précédemment déclaré que les sanctions contre Gazprombank ont un impact significatif sur le pays, car la Turquie continue d’importer du gaz naturel de Russie.
La Turquie et Gazprombank : Contexte économique
La Turquie reste fortement dépendante des livraisons de gaz russe. Bien qu’Ankara ait maintes fois exprimé son souhait de réduire cette dépendance énergétique, les réalités économiques obligent le pays à maintenir sa coopération avec les entreprises énergétiques russes.
Les sanctions contre Gazprombank compliquent les transactions financières liées aux importations de gaz pour la Turquie. Cela pourrait affecter négativement une économie turque déjà mise à rude épreuve par l’inflation mondiale et l’instabilité des marchés de l’énergie.
Un équilibre politique entre la Turquie et les États-Unis
La demande de la Turquie aux États-Unis de lever les sanctions s’inscrit également dans une stratégie géopolitique plus large. Ankara cherche à équilibrer ses engagements envers ses alliés occidentaux, comme l’OTAN, tout en maintenant ses relations économiques avec la Russie.
D’un côté, la Turquie condamne l’agression russe en Ukraine et fournit à ce pays des drones Bayraktar, devenus un symbole de la résistance ukrainienne. De l’autre, elle s’efforce de préserver ses relations économiques avec la Russie, essentielles pour sa sécurité énergétique.
Impact sur la politique régionale
Les sanctions contre Gazprombank font partie des pressions internationales exercées sur la Russie pour sa guerre en Ukraine. Cependant, la position de la Turquie pourrait révéler des fractures croissantes au sein de la coalition internationale en faveur des sanctions.
Ankara utilise son rôle de médiateur dans les négociations internationales pour obtenir des avantages économiques. Cependant, cette approche risque de susciter des critiques de la part des alliés occidentaux, qui appellent à un renforcement des sanctions contre Moscou.