L’Ukraine serait capable de résister à l’agression russe au moins jusqu’en 2029 — à condition que l’Allemagne et d’autres alliés assurent un financement stable de ses forces armées. C’est ce qu’a déclaré Andriy Melnyk, représentant permanent de l’Ukraine auprès de l’ONU, dans un appel adressé au futur chancelier allemand Friedrich Merz, qui devrait entrer en fonction le 6 mai.
Melnyk appelle le nouveau gouvernement allemand à livrer d’urgence à l’Ukraine 150 missiles de croisière Taurus à longue portée, qui renforceraient considérablement les capacités de frappe de l’armée ukrainienne. Il propose également que l’Allemagne transfère 30 % de l’équipement militaire actuellement stocké dans les arsenaux de la Bundeswehr. Pour Melnyk, cela représenterait un véritable acte de leadership et d’engagement en faveur de la sécurité européenne.
L’UE pourrait remplacer l’aide militaire américaine avec seulement 0,2 % de son PIB
Alors que les États-Unis restent une source irremplaçable de systèmes d’armement avancés comme les HIMARS ou les batteries Patriot, l’Europe commence à prendre conscience de sa propre responsabilité en matière de sécurité régionale. D’après Christoph Trebesch, de l’Institut de l’économie mondiale de Kiel, l’Union européenne pourrait compenser une éventuelle baisse du soutien américain en augmentant son aide à l’Ukraine de 44 à 82 milliards d’euros par an. Cela représenterait à peine 0,21 % du PIB total de l’UE — une ligne budgétaire mineure, pas un effort colossal.
Ce rééquilibrage dépend fortement des principales économies européennes — l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. À titre d’exemple, le Danemark consacre déjà environ 2,5 % de son PIB au soutien de l’Ukraine, contre seulement 0,1 % pour l’Allemagne. Ce contraste montre à quel point le potentiel européen reste sous-exploité.
Un tournant pour la sécurité européenne
Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année et que l’incertitude plane sur le futur de l’aide américaine, notamment à cause des élections à venir, l’Europe est désormais face à un choix décisif : assumer la défense de l’Ukraine — et donc de sa propre sécurité — ou laisser le Kremlin imposer sa volonté sur le continent.
Selon Trebesch, des engagements clairs en matière d’achat d’armements, y compris en coopération avec les fabricants ukrainiens, pourraient progressivement combler le vide laissé par un éventuel retrait américain. Comme le souligne Melnyk, ce n’est pas seulement une question de budget — c’est la volonté politique qui déterminera si l’Europe peut faire face à l’agression russe dans les années à venir.
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